08. La tradition de l’abstinence et du jeune pendant le Grand Carême

 

En 2011, la fête de Pâques sera célébrée par l’Eglise orthodoxe du monde entier, et, du reste, tous les chrétiens, dimanche 24 avril.

 

Dimanche 27 février, dimanche du Jugement dernier, sera le dernier jour de viande : en s’abstenant totalement de viande jusqu’à Pâques, les chrétiens marquent leur éloignement de toute forme de violence et leur solidarité avec le mode de vie paradisiaque.

 

Nous prenons du poisson – aliment offert par le Christ à ses disciples après la Résurrection – seulement le 25 mars, fête de l’Annonciation, le dimanche des Rameaux (cette année le 17 avril) et dans le cas d’un jour de fête exceptionnelle. Nous recevrons la bénédiction pour prendre de la viande – l’agneau pascal - au début de l’agape pascale, en mémoire de la sortie du peuple hébreu d’Egypte (la viande n’est pas bénie dans l’église).

 

Dimanche 6 mars, dimanche du Pardon, est le dernier jour des laitages : ces aliments – ainsi que les œufs -, signes caractéristiques de la fête et de la vie nouvelledans le Royaume, nous seront offerts par le Seigneur dans l’Eglise, la nuit de la Résurrection et pendant tout le temps pascal.

 

Pendant le carême de Pâques, ou « Grand Carême », les chrétiens orthodoxes gardent donc la tradition ancestrale de ne consommer, sauf rare exception, aucune nourriture animale. En ce qui concerne l’huile et le vin, nous n’en prenons que le samedi et le dimanche, en signe de fête.

 

Nos pères spirituels insistent, non seulement sur le sens théologique de ce régime alimentaire, mais également sur le fait que l’abstinence et le jeûne ne portent de fruit spirituel qu’accompagnés d’une prière liturgique et solitaire plus intense, de la lecture de la parole de Dieu, de l’effort ascétique pour purifier notre vie de tout péché, ainsi que de l’aumône. A la purification corporelle joignons donc la purification de l’âme et de l’esprit par le repentir - jeûne des pensées et des images -, et rien n’empêchera la grâce du saint Esprit d’habiter en nous et d’y fleurir.

 

Quand au jeûneproprement dit, certains s’abstiennent de toute nourriture jusqu’au soir, la semaine et surtout mercredi et vendredi. Un effort supplémentaire demanderait la bénédiction d’un père spirituel, par crainte de démesure !

Père Marc - Antoine Costa de Beauregard, Doyen de France